En France on n’a pas de pétrole mais on a des touristes… Plus de 100 millions de visiteurs viennent chaque année profiter des charmes et des atouts de l’Hexagone. Notre pays occupe la première place mondiale et sa balance touristique est positive ! Avec des recettes évaluées à 220 milliards d’euros en 2024, soit 8% du PIB, le tourisme génère près de 2 millions d’emplois non délocalisables ! Une aubaine à l’heure de la faillite des comptes publics…
Cette réussite ne doit rien au hasard. Elle est en grande partie le fruit de l’engagement des élus locaux qui sont en première ligne pour mettre en valeur leur territoire, à l’échelle des communes, des départements et des régions. C’est sur ce thème de l’attractivité touristique des territoires que le Cercle des élus locaux a réuni mardi 11 mars dernier plusieurs invités de marque.
Pour Franck LOUVRIER, maire de La Baule et vice-président la région Pays de la Loire, « nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers. Nos concurrents sont redoutables, notamment sur le tourisme d’affaires. Nous devons croître en qualité et en visibilité si nous voulons conserver notre leadership, et être bien meilleur dans la gestion de nos DATA ». « Combien d’élus sont capables de savoir qui et combien sont les visiteurs sur leur territoire ? Même les JO de Paris 2024 ont été un fiasco en matière de gestion des DATA ! »
C’est pourquoi aussi le département des Alpes Maritimes a créé Côte d’Azur France Tourisme, comité présidé par Alexandra BORCHIO FONTIMP. « Les touristes, il faut aller les chercher, parfois très loin », selon la sénatrice des Alpes Maritimes, « et il faut s’en donner les moyens ». « Notre job c’est de vendre la marque Côte d’Azur à l’international, mais aussi de développer le tourisme de proximité dans l’arrière–pays en valorisant l’agro-tourisme et ses ressources naturelles exceptionnelles ».
C’est plus difficile d’attirer des touristes dans le Cotentin, mais David MARGUERITTE a relevé le défi à la tête de l’agglomération du Cotentin qui rassemble 129 communes de la Manche. « Notre vrai enjeu c’est d’inverser la courbe démographique et d’inciter nos visiteurs à s’installer sur notre territoire qui ne connaît pas le chômage et dont le niveau de vie est plus élevé qu’ailleurs grâce à l’industrie nucléaire ». Au cœur de Cherbourg, ville centre de l’agglomération, la Cité de la Mer est devenue un véritable pôle d’attraction qui accueille 300 000 visiteurs par an. Le nouveau sénateur de la Manche se félicite de la nouvelle concession accordée à EDEIS pour développer la Cité. « Un partenariat public-privé qui porte ses fruits et multiplie les projets. »
Ephémère ministre du tourisme dans le gouvernement de Michel BARNIER, Marina FERRARI regrette que nombre de touristes ne font que traverser notre pays et réduisent leurs dépenses. « Pour les retenir et les convaincre de casser leur tirelire, nous devons chasser en meute et concentrer nos moyens ». Pour la députée de la Savoie, il importe aussi de tenir compte de ceux qui habitent les territoires touristiques toute l’année. « Pour qu’ils ne deviennent pas des opposants au développement du tourisme, il faut leur permettre de se loger et préserver les ressources naturelles comme les paysages » .
Les prochains Jeux Olympiques d’hiver de 2030 auront lieu en France, sous l’égide des régions PACA et Auvergne-Rhône-Alpes. Le maire de Briançon, ville la plus haute d’Europe, compte bien sur l’événement pour développer son territoire et attirer de nombreux visiteurs. Pour Arnaud MURGIA, « il faut dire stop au défaitisme et cesser de céder aux sirènes des climato-sceptiques de tout poil ! Oui il faut continuer d’investir pour développer nos territoires de Montagne qui ont encore de beaux jours devant eux ! Il y aura de la neige en 2030 et les sportifs du monde entier viendront en France pour en profiter !»
Enfin il n’a pas été possible de mettre d’accord Daniel FASQUELLE et Jean-Léonce DUPONT sur les la répartition des compétences. Le Maire du Touquet, qui ne croit pas au sur-tourisme, estime que « la région doit être chef de file en matière de tourisme ». Contre quoi s’insurge le Président du conseil général du Calvados qui justifie l’intervention des départements car « les régions sont devenues trop grandes et parfois trop éloignées des intérêts locaux ».
Et chacun des invités du Cercle de reconnaître que pour continuer à attirer les touristes et conforter notre place de première destination mondiale, nos collectivités devaient s’atteler à une complémentarité bien ordonnée…
Retrouvez ici notre résumé : Résumé de notre apéro-débat du 11 mars sur le tourisme – CEL
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